Test Ricoh GR 4 : avis complet, qualité d’image et verdict face au GR III
Le Ricoh GR IV Monochrome impressionne par son capteur dédié et son piqué exceptionnel.
- Capteur 25,74 Mpx sans filtre RVB ni interpolation.
- Gain de 2/3 de diaph en sensibilité de base.
- Agrandissement comparable à un fichier de 60 Mpx.
- Sensibilité native culmine à 204 800 ISO.
- Poids plume de 262 g avec batterie et carte.
- 53 Go de mémoire interne pour le GR IV.
Qualité d’image : le capteur monochrome en tête d’affiche
Le cœur du Ricoh GR IV Monochrome tient dans son capteur CMOS APS-C de 25,74 Mpx sans filtre RVB ni interpolation. Cette exclusivité technique offre un gain d’environ 2/3 de diaph en sensibilité de base, synonyme d’une définition et d’une netteté exceptionnelles dès les faibles ISO. La suppression du filtre colorimétrique permet à chaque photosite de capter 100 % de la lumière, produisant des fichiers d’une richesse inégalée.
En basse sensibilité, le piqué est bluffant : un agrandissement comparable à un fichier couleur de 60 Mpx sans artefact. Cette plage de sensibilité native culmine à 204 800 ISO, mais un lissage du bruit se devine à partir de 800 ISO. Le capteur monochrome conserve néanmoins un rendu argentique authentique et une grande latitude de retouche, loin du rendu numérique habituel des boîtiers couleur convertis.
Prise en main, ergonomie et construction

| Caractéristique | Ricoh GR IV | Ricoh GR III |
|---|---|---|
| Poids (batterie + carte) | 262 g | 257 g |
| Connectivité Wi-Fi | Double bande 2,4 / 5 GHz | 2,4 GHz |
| Bluetooth | 5.0 | 4.2 |
| Mémoire interne | 53 Go |
Design, poids et qualité de fabrication
Avec ses 262 g batterie et carte incluses, le Ricoh GR IV reste un boîtier minuscule qui se fait oublier dans une poche de veste ou un sac banane. Ce poids plume à peine plus lourd que le GR III et ses 257 g en fait un compagnon discret, parfaitement adapté à la street photo où la rapidité de sortie prime sur tout le reste.
La finition robuste et la construction soignée inspirent confiance dès la première prise en main. Les concepteurs assument une certaine austérité : pas de fioritures, pas de grip oversize, mais une surface plane et des angles étudiés pour glisser dans un blouson sans accrocher. Les commandes tombent naturellement sous les doigts, et la molette de compensation d’exposition se manipule au pouce sans quitter l’œil du viseur un vrai luxe pour qui pratique la photo de rue. Seul bémol : l’appareil n’est ni étanche ni tropicalisé, il faudra le protéger en cas de pluie fine.
Écran, commandes et personnalisation
Le GR IV hérite d’un écran de 7,6 cm de diagonale affichant 1 230 000 points. La définition reste modeste sur le papier, mais la dalle se montre fluide, fidèle et parfaitement lisible en plein soleil. L’écran tactile permet de déplacer le point AF d’une simple pression du doigt, un vrai gain de réactivité.
La personnalisation poussée constitue l’une des grandes forces du boîtier. Le mode Snap focus de série permet de pré-régler une distance de mise au point (par exemple 2 mètres) et de déclencher sans attendre l’autofocus. Les menus regorgent de réglages fins : assignation des touches, courbes de rendu, limites ISO. Cette richesse a toutefois un revers : la prise en main est exigeante et certains réglages se révèlent complexes à trouver pour les débutants. Il faudra plusieurs heures pour dompter toutes les options un investissement largement rentabilisé par la suite.
Autofocus, réactivité et modes de mise au point
Le Ricoh GR IV embarque un autofocus hybride combinant détection de phase et de contraste. En pratique, le mode sélectif se montre rapide et précis, même si l’AF multizone peut parfois hésiter sur le choix du sujet en scène complexe. Le suivi, quant à lui, se révèle correct pour un boîtier de cette catégorie.
La mise au point minimale de 6 cm en macro permet d’approcher franchement le sujet, un vrai atout pour les détails. Les adeptes de photo de rue apprécieront le mode Snap Focus, une mise au point pré-réglée qui supprime tout délai de latence. La réactivité générale du boîtier reste excellente pour un compact expert, malgré un délai de démarrage qui n’est pas instantané.
Optique et objectif : le nouveau traitement optique à l’épreuve
Le Ricoh GR IV hérite d’une formule optique entièrement redessinée. L’objectif 18,3 mm f/2,8 (équivalent 28 mm) passe à 7 éléments répartis en 5 groupes, contre 6/4 auparavant. Cette architecture intègre 3 éléments asphériques haute précision, qui corrigent efficacement les aberrations et offrent une netteté homogène remarquable, du centre jusqu’aux bords de l’image.
Cette refonte améliore sensiblement le piqué sur les zones périphériques, un point souvent critique sur les focales fixes. La distance minimale de mise au point de 6 cm autorise de superbes effets macro en proximité. Le rendu général gagne en finesse et en relief, confirmant la réputation du compact expert sans pour autant trahir la signature optique de la marque.
Test Ricoh GR 4 vs Ricoh GR III : que faut-il retenir ?
Si l’on devait résumer l’évolution en une phrase, le GR IV ne réinvente pas la roue, il affine ce qui faisait déjà la force du GR III. Les changements sont mesurés mais bien réels, et concernent avant tout l’optique, la connectivité et la nouvelle déclinaison monochrome. Le tableau ci-dessous reprend les points techniques qui différencient les deux générations, pour vous aider à y voir plus clair selon votre usage.
| Caractéristique | Ricoh GR III | Ricoh GR IV |
|---|---|---|
| Capteur | 24,2 Mpx couleur | 25,74 Mpx rétroéclairé |
| Formule optique | 6 éléments / 4 groupes (2 asphériques) | 7 éléments / 5 groupes (3 asphériques) |
| Sensibilité max. | ISO 102 400 | ISO 204 800 |
| Mémoire interne | Non | 53 Go |
| Connectivité | Wi-Fi 2,4 GHz / Bluetooth 4.2 | Wi-Fi double bande 5 GHz / Bluetooth 5.0 |
| Poids (batterie et carte incluses) | 257 g | 262 g |
| Focus | Hybride, distance macro 6 cm | Hybride, distance macro 6 cm |
Apports concrets pour votre pratique quotidienne
Le passage au capteur rétroéclairé sur le GR IV offre un gain d’environ 2/3 de diaphragme en sensibilité de base, ce qui se traduit par un bien meilleur rendu des hautes lumières. Pour le reste, les dimensions et la philosophie restent proches : l’écran de 7,6 cm de diagonale est conservé, tout comme la stabilisation 5 axes. Le vrai choix stratégique concerne la version Monochrome : son capteur dédié de 25,74 Mpx, dépourvu de filtre RVB, délivre un piqué en noir et blanc dont le rendu est comparable à un fichier couleur de 60 Mpx sans interpolation. Le gain de poids de 2 grammes par rapport à la version standard ne change rien en main, mais le rendu visuel, lui, est radicalement différent.
Faut-il pour autant délaisser son GR III ? Tout dépend de votre rapport au noir et blanc. Si vous pratiquez la street photography en N&B et que vous tolérez de ne photographier qu’en monochrome, le GR IV Monochrome est une évidence. Si vous êtes un utilisateur polyvalent, la nouvelle formule optique et la double bande Wi-Fi du GR IV standard (avec ses 5 GHz) sont de belles améliorations, mais pas une révolution qui vous forcera à revendre votre boîtier. La mémoire interne de 53 Go, en revanche, est un vrai filet de sécurité pour les longs reportages.
Stabilisation, autonomie et vidéo : les limites assumées du compact expert
Le Ricoh GR IV assume pleinement son statut d’outil spécialisé. La stabilisation capteur 5 axes avancée constitue un progrès majeur, tandis que l’autonomie et la vidéo restent clairement des angles morts pour ce boîtier taillé pour la photo de rue.
Stabilisation 5 axes et usage en basse lumière
La platine de stabilisation mécanique fait des merveilles. Elle offre un gain d’environ 2/3 de diaph en sensibilité de base, un avantage décisif lorsque la lumière décline. Concrètement, la correction renforcée permet d’obtenir des images nettes en conservant des vitesses d’obturation plus lentes, même en mouvement.
Ce système compense efficacement les tremblements du photographe, ce qui autorise des prises de vue à main levée dans des conditions que les générations précédentes n’auraient pas permises. Combiné au capteur monochrome et à sa sensibilité maximale étendue à 204 800 ISO, ce stabilisateur élargit considérablement la plage d’utilisation créative du boîtier.
Batterie et vidéo : les angles morts du boîtier
La faiblesse chronique du Ricoh GR réside dans son autonomie trop juste. La batterie DB-120 impose une gestion rigoureuse : prévoyez une deuxième batterie (45 francs) et même une troisième, pratiquement indispensable pour une journée complète de prise de vues. Un double-chargeur à 55 francs s’avère un investissement rationnel pour les usages intensifs.
Côté vidéo, le constat est sans appel : le mode reste antédiluvien. Le mode VGA en Mjpeg avec son mono ne rivalise avec aucun smartphone moderne. Les 258 g de l’appareil ne se justifient que pour la photo pure. L’écran de 7,6 cm (1 230 000 points), bien que fluide et fidèle, sert exclusivement à la composition d’images fixes, jamais au cadrage vidéo.
Ces limites assumées définissent un outil tranché : le GR IV n’est pas un couteau suisse, mais un instrument d’une efficacité redoutable pour le photographe de rue exigeant, prêt à accepter des compromis en échange d’une qualité d’image irréprochable.
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Verdict du test Ricoh GR 4 : faut-il craquer pour la version Monochrome ?
Le Ricoh GR IV Monochrome s’impose comme la référence absolue pour le noir et blanc. Son capteur de 25,7 Mpx sans filtre RVB ni interpolation, combiné au gain de 2/3 de diaph en sensibilité de base, délivre des images d’un piqué saisissant, avec un agrandissement comparable à un fichier couleur de 60 Mpx. Pour les puristes du contraste et des hautes lumières, aucun autre compact expert n’offre une telle signature argentique.
Pourtant, ce boîtier minuscule de 262 g n’est pas fait pour tout le monde. Sa focale fixe de 28 mm, son autonomie limitée et son absence d’étanchéité le destinent à une pratique exigeante : celle du photographe de rue assumant un outil d’une grande austérité, mais d’une efficacité redoutable. La version Monochrome est un choix de cœur, une décision définitive qui délaisse la couleur sans compromis sur la netteté, même à 204 800 ISO en sensibilité étendue.
Faut-il craquer ? Si le noir et blanc constitue votre langage et que vous confiez à votre appareil une mission quotidienne, la réponse est oui. Cet outil de précision devient un compagnon idéal de la street photo, malgré ses limites assumées. Pour les hésitants, sachez que la version standard du GR IV conserve, elle, le choix de la couleur. Une seule certitude : l’expérience unique du GR IV se mérite, et son prix se justifie par une philosophie photographique radicale.
